Drame d’Amqui : des signes « clairs » d’accélération avant les collisions
De la terre retournée, des traces de friction et de caoutchouc sur le trottoir… Le chef reconstitutionniste, appelé à témoigner au procès de Steeve Gagnon, a conclu que l'accusé a accéléré et roulait à une vitesse d'environ 51 km/h lorsqu'il a happé les premières victimes, le 13 mars 2023, à Amqui. Le sergent Keven Labrie a ainsi poursuivi la présentation de son rapport devant juge et jury au jour 8 du procès de Steeve Gagnon, l’auteur présumé de l’attaque qui a fait 12 victimes, dont 3 morts. Le témoin expert a fait jouer à plusieurs reprises, au ralenti et avec l’image agrandie, la vidéo prise de la passerelle, aux abords de la microbrasserie, où on aperçoit alors clairement deux personnes être happées de plein fouet par la camionnette. Cette vidéo rend compte de la circulation sur une distance totale d’environ 4,62 mètres dans la direction ouest, sur le boulevard Saint-Benoît. Les tests de validation de la police ont démontré plus de 96 % de précision quant aux résultats des calculs, ajoute le sergent Labrie. Une modélisation représentant le parcours de la camionnette au moment du drame, à la lumière des différents indices trouvés sur les lieux, a également été présentée au jury. Avec l'ensemble des indices observés puis marqués le lendemain du drame, le reconstitutionniste a produit une modélisation qui retrace l'itinéraire de la camionnette en cause sur le boulevard, lorsqu'elle a happé mortellement trois personnes, en plus d'en blesser plusieurs autres. Source: DPCP Photo : Radio-Canada En contre-interrogatoire, le témoin expert a réitéré une précision quant à la modélisation présentée en cour, lorsqu’elle illustre la camionnette s’introduire sur le trottoir pour une deuxième et troisième fois. Pour ces occurrences, les traces au sol ne permettaient pas au reconstitutionniste de détailler le type de véhicule qui les a produites. Il s'agirait de projections, dans ces cas-là. Il a ajouté ne pas avoir pu calculer la vitesse à laquelle la camionnette circulait plus loin sur la scène. Des centaines de photos de la scène, qui s’étend sur près de 400 mètres, ont été présentées mardi. Elles montrent les innombrables marquages laissés au sol, dénotant des débris de véhicule, des morceaux de vêtement ou des bottes, mais aussi des traces sur le trottoir et au bord de la route, suivant la trajectoire de la camionnette en cause dans la tragédie. Le reconstitutionniste montre une longue rangée de rondelles bleues en direction de la microbrasserie La Captive, le premier site de collision : elles marquent une À cet endroit, M. Labrie confirme que les traces d’accélération proviennent d’un pneu Duratrack, un pneu de camion du même type que celui de l’accusé. Des policiers marquent et photographient le premier site de collision, au lendemain du drame. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot Une marque de caoutchouc du pneu qui Le sergent précise à plusieurs reprises, durant ses explications au jury, qu’il s’appuie sur ses observations faites sur les lieux, et non pas sur ce que les témoins ont raconté des événements. Il a ajouté avoir constaté la semaine dernière, au procès, que plusieurs témoins avaient raconté avoir entendu ou vu la camionnette accélérer. Me Hugo Caissy, qui représente Steeve Gagnon, a souvent questionné ces témoins sur les signes qui leur permettaient de conclure à une accélération du véhicule. Le spécialiste en reconstitution de collisions observe d'ailleurs que des Le troisième site de collision, qui a coûté la vie à Simon-Guillaume Bourget Photo : DPCP Le sergent Labrie croit de façon globale qu’un quelconque bris sur le véhicule, qui aurait fait perdre le contrôle au conducteur, aurait laissé des traces caractéristiques sur la scène. D’autres traces d’intrusion sur le trottoir ont été notées, mais le reconstitutionniste n’a pas pu les associer toujours clairement aux pneus de la camionnette. Elles correspondent toutefois à la trajectoire menant aux collisions survenues sur le trottoir du boulevard Saint-Benoît. Il a été confirmé dans les premiers jours du procès que l’accusé Steeve Gagnon était au volant du Ford F-150 qui a happé de nombreux piétons le 13 mars 2023 en après-midi. Il s’agit d’une admission qui peut être considérée comme un fait prouvé en cour. Le véhicule de l’accusé Steeve Gagnon (photo déposée en preuve à son procès le 26 mai 2025) Photo : Radio-Canada / Dpcp Plusieurs témoins experts ont défilé à la barre dans les derniers jours, confirmant en détail ces admissions. La Couronne a dit considérer qu’il était plus concret pour le jury d’entendre les explications des témoins sur le contexte des événements, et qu’elles viennent appuyer ces admissions de façon importante. Lundi, le reconstitutionniste Keven Labrie a présenté ce que les policiers ont trouvé dans la camionnette de l’accusé, notamment de l’équipement de chasse et un téléphone, et a décrit les bris et les traces observés sur le véhicule la journée après le drame. Le jury, formé de 14 personnes, a entendu 31 témoins jusqu’à maintenant au procès de Steeve Gagnon. Les audiences seront suspendues dans les prochains jours et reprendront le lundi 2 juin au palais de justice de Rimouski.
accélération évidente
vers la droite, qui part de la chaussée vers le trottoir et les escaliers, là où plusieurs personnes ont été happées, le 13 mars 2023, peu après 15 h.
survire
sur le bord du trottoir suit une trajectoire claire, démontre le reconstitutionniste. On va les voir plusieurs jours et semaines, ces traces-là.
corrections de la trajectoire
ont été apportées par le conducteur pour empêcher la camionnette de percuter le bâtiment de La Captive, tout en restant sur le trottoir un moment.

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